Créateur
d'une oeuvre faite de grotesque pouvant aller jusqu'au cauchemar, de
dérision plus subtile voire satirique, Kubrick est un esprit hanté par
le pessimisme quant à la 'bonté' de la nature humaine. Le parcours
cinématographique de Stanley Kubrick est à l'image du cinéaste : un
paradoxe. Une première époque Américaine sous le double signe du film
noir et du film anti-militariste qui permettra à Kubrick de faire son
apprentissage du monde Hollywoodien. En 1960, vient la césure de
'Spartacus'. Engagé par Douglas, pour remplacer Anthony Mann, Kubrick
n'aura aucun droit de regard sur le scénario ou la
distribution.
Jurant que l'on ne l'y reprendrait plus, Kubrick décide de quitter les
Etats-unis et c'est en éxilé volontaire (un cas unique dans l'histoire
du cinéma américain) qu'il s'installe
en Angleterre. Dès lors,
Kubrick réalise une série de films dont il est le maître absolu et dont
les tournages peuvent consommer de longues années, à la fois comme
producteur, metteur en scène, coscénariste, choisissant les musiques,
supervisant les décors, surveillant la distribution.
Etalée
sur 40 ans et ne comprenant que 7 films, la période Anglaise est
jalonée d'oeuvres aussi troublantes, impénétrables et excitantes que le
monolithe de '2001, l'odyssée de l'espace'. Elles sont devenues des
classiques de cinémathèque. De 'Lolita' à 'Docteur Folamour', d''Orange
mécanique' à 'Barry Lyndon', Kubrick s'interroge sur l'homme et sa
destinée, dans un monde où les prouesses technologiques ne doivent pas
faire oublier que les comportements humains demeurent préhistoriques.
Le cinéaste est un pessimiste avoué et film après film, il nous
répète que la lutte titanesque de l'homme pour sortir de la gangue de ses instincts ne fait que commencer.